Travailler avec une agence6 min de lecture
Choisir son agence web à Marseille : les bonnes questions à poser
Douze questions à poser en rendez-vous, et pour chacune la réponse qui doit vous alerter. Elles portent sur le contrat, la propriété du code et ce qui se passe après la mise en ligne, c'est-à-dire là où les projets se passent mal.
Écrit par Thomas, avec ClaudeCofondateur de Levupp
Les projets web se passent mal sur trois points, presque toujours les mêmes : ce qui n'était pas dans le périmètre, ce qui n'appartient pas au client, et ce qui n'était pas prévu après la mise en ligne. Les douze questions ci-dessous portent sur ces trois zones. Elles se posent en rendez-vous, avant le devis, et la façon dont une agence y répond en dit plus long que son portfolio.
Sur le périmètre
1. Qui écrit les textes ?
La réponse qui alerte : un silence, ou « on verra ensemble ».
C'est la première cause de retard sur les projets web, très loin devant les difficultés techniques. Si la rédaction est à votre charge, il faut le savoir, le chiffrer en temps interne, et nommer une personne par page.
2. D'où viennent les photos ?
La réponse qui alerte : « on utilisera des banques d'images ».
Sur un site de marque, la photographie pèse plus lourd sur la perception que le design. Une maquette impeccable avec des photos génériques rend moins bien qu'un design sobre avec de vraies images. Si le budget doit choisir, il devrait souvent choisir les photos.
3. Que se passe-t-il si le périmètre change en cours de route ?
La réponse qui alerte : « pas de souci, on s'adapte ».
Une agence sérieuse a une procédure : un avenant, une estimation, une décision. Celle qui promet de tout absorber le fera au détriment de la qualité ou vous le facturera à la fin, sans discussion préalable.
4. Que contient exactement le devis, et qu'est-ce qui n'y est pas ?
La réponse qui alerte : une liste de ce qui est inclus sans aucune mention de ce qui ne l'est pas.
Les postes les plus souvent absents : la rédaction, la photographie, la reprise de contenu existant, le plan de redirections, les formulaires complexes, les intégrations à un outil de gestion, et la formation.
Sur la propriété
5. À qui appartient le code ?
La réponse qui alerte : une hésitation, ou une distinction floue entre licence et propriété.
La réponse doit être écrite au contrat. Un site développé pour vous doit vous appartenir, et vous devez pouvoir partir avec.
6. Où est hébergé le dépôt de code, et y ai-je accès ?
La réponse qui alerte : « c'est chez nous, vous n'en avez pas besoin ».
Vous en avez besoin le jour où la relation s'arrête. Un accès en lecture au dépôt, dès le début, ne coûte rien à personne.
7. À qui appartient le nom de domaine ?
La réponse qui alerte : l'agence l'a déposé à son nom « pour simplifier ».
C'est le point de blocage le plus fréquent lors d'un changement de prestataire. Le domaine doit être à votre nom, sur votre compte, avec vos identifiants.
8. Puis-je récupérer mes contenus si je pars ?
La réponse qui alerte : « le contenu est dans le site ».
Sur certains systèmes, le contenu est mêlé à la mise en page dans un format propriétaire, et il ne s'exporte pas proprement. C'est le cas des sites construits avec les constructeurs de pages, comme le détaille notre article sur la dette technique des constructeurs de pages.
Sur l'après
9. Que se passe-t-il le lendemain de la mise en ligne ?
La réponse qui alerte : rien de précis.
Il faut une durée de garantie, un périmètre de ce qui est corrigé gratuitement, et un tarif au-delà. Un projet qui s'arrête au jour de la mise en ligne s'arrête au moment où l'on commence à apprendre.
10. Qui fait les mises à jour, et à quelle fréquence ?
La réponse qui alerte : « le site n'a pas besoin de maintenance ».
Tout site a besoin d'entretien : mises à jour de sécurité, sauvegardes, surveillance de disponibilité. La question est de savoir si c'est vous, l'agence, ou personne. Les deux premières réponses sont acceptables, la troisième est celle qui produit les sites piratés.
11. Puis-je modifier le site moi-même, et jusqu'où ?
La réponse qui alerte : « vous pourrez tout modifier ».
C'est presque toujours faux, et cela crée une déception. La bonne réponse est précise : vous pourrez modifier les textes, les images et publier des articles ; vous ne pourrez pas changer la structure d'une page ni ajouter un type de contenu. C'est une contrainte assumée, et elle est ce qui garde le site cohérent dans le temps.
12. Combien coûtera la prochaine évolution ?
La réponse qui alerte : un refus de donner un ordre de grandeur.
Un tarif journalier, ou un forfait d'évolution annuel. Une agence qui ne veut pas parler de l'après compte sur le fait que vous serez captif.
Ce qu'il faut regarder au-delà des réponses
Des sites réellement en ligne, pas des images de portfolio. Ouvrez-les, testez-les sur téléphone, regardez leur vitesse. Un portfolio de maquettes ne prouve rien sur la capacité à livrer.
Un client à appeler. Une agence qui travaille correctement en a toujours un qui accepte de vous parler dix minutes.
Qui fera le travail. Sur les petites structures, la personne du rendez-vous est celle qui fera le projet. Sur les plus grandes, ce n'est pas toujours le cas, et il faut le demander.
La façon de dire non. Une agence qui répond oui à tout n'a pas de méthode. Celle qui vous dit qu'une de vos demandes est une mauvaise idée, en expliquant pourquoi, vous rendra service pendant tout le projet.
Le local, ce que ça change vraiment
Travailler avec une agence de sa ville n'apporte pas de miracle technique. Ce que ça apporte est plus prosaïque et compte quand même.
Des rendez-vous en présence. Le cadrage se fait mieux autour d'une table, surtout quand plusieurs personnes doivent s'accorder.
Une connaissance du terrain. Sur les projets à ancrage local, connaître le marché, les acteurs et les usages fait gagner du temps.
Un recours réel. Une agence à trois rues a une raison supplémentaire de bien faire.
Ce que ça n'apporte pas : une meilleure technique, ni un meilleur prix. Choisissez sur la méthode et sur les réponses aux douze questions, la proximité en second.
Questions fréquentes
Agence ou freelance ?
Les deux fonctionnent, avec des profils de risque différents. Un freelance coûte moins cher et concentre le risque sur une personne, sa disponibilité et sa continuité. Une agence coûte plus cher, réunit plusieurs métiers et assure une continuité. Le critère qui tranche : qui s'occupera du site dans dix-huit mois. Le sujet a été traité dans notre article sur le travail avec une agence web.
Faut-il consulter plusieurs agences ?
Deux ou trois suffisent, avec le même cahier des charges. Consulter cinq agences avec des briefs différents produit cinq devis incomparables et vous fait perdre des semaines. Ce qui compte n'est pas le nombre de devis, c'est qu'ils portent sur le même périmètre.
Comment comparer deux devis très éloignés ?
Un même projet peut être devisé du simple au décuple, et les deux devis peuvent être honnêtes. L'écart tient à ce qui est conçu contre ce qui est réglé, à ce qui est produit contre ce qui est fourni par vous, et à ce qui est intégré contre ce qui reste manuel. Comparez ces trois lignes plutôt que les totaux. Le détail est dans notre article sur le coût d'un site web professionnel.
Faut-il un cahier des charges avant de consulter ?
Un document de deux pages qui dit ce que le site doit faire, pour qui, et ce qui existe déjà suffit à obtenir des devis comparables. Un cahier des charges de quarante pages écrit sans compétence technique produit souvent des exigences contradictoires. Notre article de 2021 sur le cahier des charges d'un site internet donne la trame.
Pour finir
Le portfolio dit ce qu'une agence sait faire, les réponses à ces douze questions disent comment elle travaille. La seconde information prédit mieux la suite. Nous répondons volontiers à ces questions avant tout devis, depuis nos bureaux du 16 rue Grignan à Marseille.
On construit le vôtre ?
Racontez-nous ce que vous avez en tête,on vous dit ce qu'on en ferait.
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