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Travailler avec une agence6 min de lecture

Combien de temps prend une refonte de site ? Décomposition honnête

Huit à seize semaines pour un site d'entreprise, et le développement n'est pas le poste le plus long. Ce qui allonge un projet, dans l'ordre : la validation, les contenus, et les décisions qu'on repousse. Le calendrier réel, avec les causes de retard nommées.

Écrit par Thomas, avec ClaudeCofondateur de Levupp

Une refonte de site d'entreprise prend huit à seize semaines entre le premier atelier et la mise en ligne. La répartition surprend souvent : environ deux semaines de cadrage, trois à quatre de conception, quatre à huit de développement, deux de recette et de bascule. Le développement n'est pas le poste critique. Les retards viennent presque toujours de trois sources : les contenus qui ne sont pas prêts, les validations qui traînent, et les décisions repoussées au milieu du projet.

Le calendrier, phase par phase

Cadrage, une à deux semaines

Ateliers avec les personnes qui connaissent le métier et les clients. Inventaire de l'existant : pages, trafic, contenus, intégrations. Arbitrages sur ce qui est repris et ce qui ne l'est pas. Arborescence.

C'est la phase la plus rentable et celle qu'on cherche le plus à raccourcir. Un cadrage bâclé se paie trois fois, en conception refaite, en développement à reprendre et en contenus produits pour rien.

Conception, trois à quatre semaines

Direction artistique, puis maquettes des gabarits principaux. Pas de toutes les pages : les gabarits. Un site de quarante pages tient en six ou sept gabarits, et concevoir chaque page séparément est le meilleur moyen de produire un site incohérent.

Cette phase inclut les allers-retours de validation, qui sont la principale variable. Deux tours de retours sont normaux. Cinq tours signifient que le cadrage n'a pas tranché.

Développement, quatre à huit semaines

Intégration des gabarits, mise en place du système de contenu, migration des données, intégrations tierces, formulaires.

Le développement peut commencer avant la fin de la conception sur les parties structurantes. Il ne peut pas commencer avant que la direction artistique soit validée, sous peine de tout reprendre.

Contenus, en parallèle et c'est le piège

Rédaction, photos, reprise de l'existant, traductions. Cette phase court en parallèle du développement, et c'est elle qui décale les projets.

Un site ne peut pas être mis en ligne avec des textes provisoires. Et la production de contenu demande un travail que personne n'a le temps de faire pendant que le projet avance.

Recette et bascule, deux semaines

Tests des parcours, des formulaires, sur plusieurs navigateurs et sur mobile. Vérification du plan de redirections. Mesure de référence. Puis la bascule elle-même, qui prend une journée, et la surveillance qui suit.

Les trois causes de retard

1. Les contenus, dans huit projets sur dix

C'est la cause principale, très loin devant les autres. Le développement est terminé, le site attend des textes et des photos que personne n'a produits.

La raison est structurelle : la production de contenu est confiée à des gens qui ont déjà un travail à temps plein, sans temps dédié ni échéance ferme.

Les parades qui fonctionnent : décider au cadrage qui écrit quoi et pour quand, avec un nom par page ; commander les photos dès la première semaine, parce que la production photographique a ses propres délais ; et accepter de mettre en ligne avec un périmètre réduit plutôt que d'attendre.

2. Les validations

Une maquette envoyée un vendredi, commentée dix jours plus tard par trois personnes qui ne sont pas d'accord entre elles. Répété quatre fois, cela fait six semaines de calendrier pour trois jours de travail.

Les parades : un interlocuteur unique qui tranche, des créneaux de validation posés à l'avance dans le calendrier, et un délai de réponse convenu au démarrage. Ce n'est pas de la rigidité, c'est ce qui permet de tenir une date.

3. Les décisions repoussées

Un choix qu'on n'a pas voulu trancher au cadrage revient au milieu du développement, quand il coûte dix fois plus cher. Faut-il un espace client. Combien de langues. Le blog est-il repris. Le catalogue produit vient-il de l'ERP.

La parade est simple à énoncer et difficile à tenir : rien ne se développe tant que le périmètre n'est pas écrit.

Ce qui accélère réellement

  • Un interlocuteur unique côté client, qui décide. C'est le facteur le plus déterminant de tous.
  • Les contenus commencés avant la conception. Écrire avant de maquetter donne de meilleurs sites, parce que le design sert un texte réel plutôt que du faux texte.
  • Un périmètre réduit et une deuxième phase assumée. Mettre en ligne un site plus petit et l'enrichir vaut mieux qu'attendre six mois de plus.
  • Les accès techniques donnés dès le début. Hébergement, nom de domaine, outils de mesure. C'est un détail qui bloque des projets entiers pendant des semaines.

Ce qui n'accélère pas

Ajouter des développeurs. Sur un projet de cette taille, deux développeurs ne vont pas deux fois plus vite. Le temps de coordination annule le gain.

Sauter le cadrage. Le temps est repris ailleurs, avec intérêts.

Travailler sans maquettes. Cela fonctionne pour un site très simple, ou avec un système de composants existant. Sur un site d'entreprise avec plusieurs interlocuteurs, cela produit des allers-retours en développement, où ils coûtent le plus cher.

Le week-end et les nuits. Le rythme d'un projet est fixé par les allers-retours de validation, pas par les heures de travail.

Les cas plus courts, les cas plus longs

Quatre à six semaines est possible pour un site de présentation d'une dizaine de pages, avec des contenus déjà écrits, un interlocuteur unique et pas de reprise de l'existant.

Seize semaines et plus dès qu'il y a une connexion à un système de gestion, du multilingue, un espace connecté, ou un catalogue important. Ce ne sont plus des refontes de site, ce sont des projets applicatifs.

Un an arrive, et presque jamais pour des raisons techniques. Ce sont des projets où la décision est diluée entre trop de personnes.

Questions fréquentes

Peut-on refaire un site en deux semaines ?

Oui, avec un thème du marché, des contenus existants et aucune reprise. C'est un montage, et c'est un choix légitime pour un lancement ou un site temporaire. Ce n'est pas une refonte au sens d'un travail de conception et de structure, et il faut que les deux parties le sachent avant de commencer.

Pourquoi le développement n'est-il pas le poste le plus long ?

Parce que c'est la phase la mieux définie. Quand les maquettes sont validées et les contenus prêts, le développement est un travail prévisible dont la durée s'estime correctement. Les phases qui débordent sont celles qui dépendent de décisions humaines : validation et production de contenu.

Faut-il tout mettre en ligne d'un coup ?

Sur un site vitrine, oui : une bascule unique avec un plan de redirections est plus simple à contrôler qu'une mise en ligne progressive. Sur un site avec un catalogue ou un espace connecté, une mise en ligne par lots peut se justifier, à condition que le plan de redirections suive au même rythme. Le sujet est traité dans notre article sur le plan de redirections.

Que se passe-t-il si les contenus ne sont pas prêts à la date prévue ?

Deux options, et il faut choisir explicitement : décaler la mise en ligne, ou réduire le périmètre en publiant les pages prêtes et en ajoutant les autres ensuite. La mauvaise option est de mettre en ligne avec des textes provisoires, qui restent en place bien plus longtemps que prévu et se retrouvent indexés.

En pratique

Demandez à votre prestataire de vous donner non pas une durée mais un calendrier avec les dates où l'on attend quelque chose de vous. C'est ce qui distingue un planning tenable d'une estimation optimiste. Le coût, qui est l'autre moitié de la question, est traité dans notre article sur le prix d'un site web professionnel, et la méthode de migration technique dans celui sur la migration WordPress vers Next.js.

Écrit par Thomas, avec ClaudeTravailler avec une agence · Créer un site web

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