Intelligence artificielle7 min de lecture
Comment savoir si ChatGPT parle de votre entreprise (méthode de test en 20 minutes)
Un protocole reproductible pour mesurer votre présence dans les réponses des moteurs génératifs, sans outil payant. Vingt questions fixes, quatre moteurs, une session neutre, un tableau. Comptez vingt minutes le premier mois, dix ensuite.
Écrit par Thomas, avec ClaudeCofondateur de Levupp
Pour savoir si un moteur génératif cite votre entreprise, posez une liste fixe de vingt questions que vos prospects poseraient réellement, sur ChatGPT, Perplexity, Claude et Google en Mode IA, dans une session sans historique ni compte connecté. Notez pour chacune si votre marque apparaît, à quel rang, et quelle page est citée. Le relevé prend une vingtaine de minutes. Refait tous les mois avec les mêmes questions, il devient une mesure.
Pourquoi les tests improvisés ne servent à rien
La première chose que fait un dirigeant, c'est de taper le nom de son entreprise dans ChatGPT. C'est le seul test qui n'apprend rien. Un moteur interrogé sur « Levupp » va chercher Levupp. La question n'est pas de savoir s'il vous trouve quand on lui donne votre nom, mais s'il vous propose quand on ne le lui donne pas.
Deuxième piège, plus insidieux : votre historique. Si vous êtes connecté à un compte qui a discuté de votre entreprise dix fois, le moteur en tient compte. Vous mesurez votre propre historique, pas votre visibilité.
Troisième piège : la variabilité. Deux exécutions de la même question à cinq minutes d'intervalle ne donnent pas la même réponse. C'est pour cette raison qu'on mesure une fréquence sur un jeu de questions, jamais un résultat isolé. Une citation obtenue une fois n'est pas une position acquise.
Étape 1, écrire les vingt questions
C'est l'étape qui décide de la valeur de tout le reste, et c'est la seule qui demande de réfléchir. Une bonne liste mélange quatre familles.
- Les questions de besoin non nommé. « Qui peut refaire le site d'un cabinet d'avocats à Marseille ? », « Comment migrer une boutique WooCommerce vers Shopify sans perdre mon référencement ? » Ce sont les plus importantes : personne n'y prononce votre nom.
- Les questions de comparaison. « Quelles sont les meilleures agences web à Marseille ? », « Agence ou freelance pour un site e-commerce ? » Elles montrent avec qui le moteur vous met dans la même phrase.
- Les questions de vérification. « Que vaut l'agence Levupp ? », « Levupp travaille avec quels types de clients ? » Elles ne mesurent pas l'acquisition mais la réputation, et elles révèlent ce que le moteur croit savoir de vous.
- Les questions techniques de votre domaine. « Combien coûte une refonte de site Next.js ? », « Faut-il bloquer les crawlers IA ? » Ce sont celles où un contenu de blog bien écrit peut vous faire entrer.
Vingt questions suffisent. Écrivez-les une fois, dans un document, et n'y touchez plus pendant six mois. Une liste qui bouge tous les mois ne mesure plus rien.
Étape 2, se mettre en session neutre
L'objectif est de ressembler à un inconnu.
- ChatGPT : fenêtre de navigation privée, sans compte connecté, ou un compte de test dont l'historique et la mémoire sont désactivés dans les réglages. La mémoire est le paramètre qui fausse le plus les relevés.
- Perplexity : navigation privée suffit, l'outil répond sans compte.
- Claude : navigation privée, sans projet ni contexte préchargé.
- Google : navigation privée, et vérifiez la langue et le pays de recherche. Un Mode IA interrogé depuis un profil déconnecté reste géolocalisé par l'adresse IP, ce qui est le comportement voulu pour une entreprise locale.
Un détail qui compte : posez la question en français si vos clients sont français. Les moteurs ne citent pas les mêmes sources selon la langue, et beaucoup de tests menés en anglais donnent une image flatteuse et fausse.
Étape 3, le relevé
Un tableau à six colonnes suffit, dans n'importe quel tableur.
- La question, telle qu'elle a été posée.
- Le moteur.
- La date.
- Votre marque est-elle citée ? Oui ou non.
- Si oui, à quel rang dans la réponse. Premier nommé, ou noyé en cinquième position.
- Quelle page est citée, exactement. C'est la colonne la plus utile de toutes.
La sixième colonne vous dit ce que le moteur considère comme votre meilleure page sur le sujet. Il arrive souvent qu'il cite un vieil article de blog plutôt que la page de service faite pour ça. C'est une information exploitable immédiatement.
Notez aussi, dans une colonne libre, qui est cité à votre place. Sur vingt questions, les mêmes trois ou quatre noms reviennent. Ce sont vos concurrents aux yeux du moteur, et ce n'est pas toujours la liste que vous aviez en tête.
Étape 4, lire le résultat sans se raconter d'histoires
Un premier relevé donne presque toujours un score bas. Zéro citation sur vingt questions est un résultat courant pour un site qui n'a jamais été travaillé dans ce sens. Ce n'est pas un échec, c'est une ligne de départ.
Ce qui compte, ce sont trois lectures.
Le taux de citation global. Combien de questions sur vingt vous font apparaître, tous moteurs confondus. C'est le chiffre que vous suivrez dans le temps.
L'écart entre moteurs. Il est presque toujours important. Perplexity et ChatGPT en mode recherche interrogent le web en direct et peuvent citer une page récente. Un modèle qui répond de mémoire dépend de son entraînement et vous ignorera des mois après la publication. Un bon score sur Perplexity et un zéro sur Claude sans recherche est un profil normal pour une entreprise dont la notoriété externe est faible.
L'écart entre familles de questions. Être cité sur les questions de vérification et absent sur les questions de besoin non nommé signifie que le moteur vous connaît mais ne vous recommande pas. Le problème est alors éditorial, pas technique.
Ce que le test ne mesure pas
Il ne mesure pas le trafic. Le lien entre citation et visite est réel mais faible, et une partie du bénéfice ne se voit jamais dans vos statistiques : quelqu'un qui lit votre nom dans une réponse et vous cherche ensuite directement arrive en trafic de marque.
Il ne mesure pas non plus ce que voient vos prospects réels, qui ont leur propre historique et leur propre géolocalisation. Ce protocole mesure une moyenne neutre, ce qui est déjà beaucoup mieux que rien, mais il faut le dire.
Enfin, il ne dit pas pourquoi. Pour ça, il faut regarder les pages citées à votre place et comprendre ce qu'elles ont que vous n'avez pas. C'est presque toujours la même chose : une réponse directe en tête de page, des chiffres datés, et une structure de titres qui suit les questions réellement posées.
Faut-il passer à un outil payant
Une série d'outils de suivi de visibilité IA est apparue depuis 2024, et ils automatisent exactement ce protocole en interrogeant les moteurs par API à intervalle régulier. Ils font gagner du temps dès qu'on suit plus de cinquante questions ou plusieurs marques.
En dessous, le tableur fait le travail, et il a un avantage réel sur l'abonnement : vous lisez les réponses. Un outil vous rend un pourcentage, la lecture vous rend la formulation exacte que le moteur emploie à votre sujet, ce qu'il vous attribue à tort, et le concurrent qu'il vous préfère. Sur les six premiers mois, cette lecture vaut plus que la courbe.
Questions fréquentes
À quelle fréquence refaire le test ?
Une fois par mois suffit, toujours dans la même semaine et dans les mêmes conditions. Plus souvent, vous mesurez surtout la variabilité naturelle des modèles, qui est importante. Moins souvent, vous ne verrez pas l'effet des publications que vous faites entre-temps.
Combien de temps entre une publication et une citation ?
Sur les moteurs qui interrogent le web en direct, une page peut être citée en quelques jours si elle est bien indexée et si elle répond précisément à la question. Sur les modèles qui répondent de mémoire, comptez plusieurs mois, et la citation dépendra surtout de ce que d'autres sites disent de vous, pas de votre propre publication.
Que faire si un moteur dit quelque chose de faux sur mon entreprise ?
Cherchez d'abord d'où ça vient. Neuf fois sur dix, c'est une page ancienne, un annuaire jamais mis à jour ou une fiche d'établissement incomplète. Corrigez la source plutôt que d'essayer de corriger le modèle. Vous ne pouvez pas éditer une réponse d'IA, vous pouvez éditer ce qu'elle lit.
Le test fonctionne-t-il pour une entreprise sans notoriété ?
Oui, et c'est même là qu'il est le plus utile, parce qu'il donne une ligne de départ honnête. Attendez-vous à un score nul au premier relevé. Ce qui compte ensuite, c'est la pente sur six mois, pas la valeur absolue du premier mois.
Ce qu'on en fait ensuite
Un relevé sans suite est un exercice. La suite tient en trois mouvements : réécrire les ouvertures des pages qui devraient répondre à vos questions les plus commerciales, publier sur les sujets où un concurrent est cité et vous non, et travailler les mentions externes qui alimentent la mémoire des modèles.
Les deux premiers points sont détaillés dans notre article sur la façon d'écrire une page qu'un LLM peut citer. Si vous voulez que le relevé, le diagnostic et la refonte soient menés ensemble, c'est le contenu de notre offre GEO. Et pour comprendre pourquoi certains sites sont cités et d'autres jamais, l'article sur les critères de Perplexity entre dans le détail.
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