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Écrire une page que les LLM peuvent citer : la règle des 80 premiers mots
Un moteur génératif n'extrait pas des pages, il extrait des passages. Ce qui décide de votre citation tient dans les quatre-vingts premiers mots et dans l'autonomie de chaque paragraphe. La méthode, appliquée à une page réelle.
Écrit par Thomas, avec ClaudeCofondateur de Levupp
Un moteur génératif cite des passages, pas des pages. La règle la plus rentable consiste donc à placer, dans les quatre-vingts premiers mots de la page, une réponse littérale et autonome à la question que le titre pose. Ce passage doit se comprendre sans rien lire d'autre, contenir au moins un élément vérifiable, et ne rien annoncer. Tout ce qui argumente, nuance ou raconte vient après. C'est la seule modification d'écriture dont l'effet se voit rapidement.
Pourquoi les quatre-vingts premiers mots
Trois raisons, et aucune n'est une convention arbitraire.
La première est mécanique. Un moteur qui doit citer une source cherche le passage le plus pertinent d'une page. Plus le passage utile est loin dans le texte, plus il risque d'être noyé dans un découpage qui le coupe en deux ou le mélange à autre chose.
La deuxième tient à la longueur d'une citation. Une réponse d'IA cite typiquement deux à quatre phrases par source. Un paragraphe de soixante à quatre-vingt-dix mots correspond à cette taille. Plus court, il manque de substance. Plus long, il faut le tronquer, et la troncature tombe où elle peut.
La troisième est humaine, et c'est celle qui devrait suffire. Un lecteur qui arrive d'une recherche veut savoir en cinq secondes s'il est au bon endroit. Une introduction qui plante le décor pendant trois paragraphes fait fuir le lecteur autant que le moteur.
Ce qui compte comme réponse directe
Prenons un exemple. Titre de page : « Combien coûte une refonte de site pour un cabinet d'avocats ? »
Une mauvaise ouverture, très courante :
Le site web est aujourd'hui la vitrine incontournable de tout cabinet d'avocats. Face à une concurrence croissante et à des clients de plus en plus exigeants, disposer d'une présence en ligne à la hauteur de son expertise est devenu un enjeu majeur. Dans cet article, nous allons vous présenter les différents facteurs qui influencent le budget d'une refonte.
Rien n'y répond à la question. Un moteur ne peut rien en extraire, un lecteur non plus.
Une bonne ouverture :
La refonte du site d'un cabinet d'avocats se situe entre 5 000 et 25 000 euros hors taxes pour un site sur-mesure incluant la conception, le développement et la mise en ligne. En dessous, il s'agit d'un thème adapté. Au-dessus, le budget couvre généralement une base d'articles juridiques, un espace client ou une version multilingue. Le nombre d'avocats à présenter et le volume de contenu existant à reprendre expliquent l'essentiel de l'écart.
Elle porte un chiffre, une fourchette, les raisons de l'écart, et les bornes de ce que chaque tranche recouvre. Elle se comprend seule et elle est vérifiable, au sens où on peut la confronter à d'autres devis.
Les cinq règles d'écriture
1. Un passage doit se tenir debout sans son voisin. Interdisez-vous, dans le corps d'une page destinée à être citée, les ouvertures de paragraphe comme « c'est pour cette raison que », « on l'a vu plus haut », « à l'inverse ». Elles sont naturelles à la lecture linéaire et fatales à l'extraction.
2. Un titre est une intention de recherche. « Le budget » ne dit rien. « Combien coûte une refonte de site d'avocat ? » donne au moteur un couple question-réponse tout fait. La formulation interrogative n'est pas obligatoire, la précision l'est.
3. Chaque chiffre porte sa source, sa date et sa méthode. C'est une règle de crédibilité, et c'est surtout un garde-fou éditorial : on ne peut pas écrire la méthodologie d'un chiffre qu'on a inventé. La contrainte d'affichage est ce qui tient l'honnêteté du texte.
4. Une seule idée par section. Un H2 qui traite trois sujets produit trois passages mêlés dont aucun n'est citable proprement.
5. Répétez-vous quand c'est nécessaire. Une FAQ dont chaque réponse redit le nom du produit et le contexte semble maladroite à la lecture linéaire. Elle est correcte, parce que chaque réponse peut être extraite seule. C'est un des rares endroits où l'écriture pour la machine et l'écriture pour l'humain divergent, et il faut trancher en faveur de l'autonomie.
La structure d'une page citable
Elle est toujours la même, et c'est ce qui la rend rapide à produire.
- Un H1 unique, qui reprend l'intention de recherche.
- La réponse directe, sans titre au-dessus, de soixante à quatre-vingt-dix mots.
- Des H2 formulés comme des questions ou des intentions précises, chacun suivi d'un développement qui commence par sa propre réponse.
- Une liste ou une comparaison quand le sujet s'y prête, jamais pour meubler.
- Une FAQ de trois à cinq questions, réponses autonomes, en fin de page.
- Une conclusion qui n'est pas une paraphrase de l'ouverture.
La FAQ mérite une insistance : c'est le format le plus directement citable qui existe, parce qu'il livre le découpage déjà fait. À condition que les réponses soient dans le HTML servi, volet ouvert ou fermé, ce qui est aussi la condition de validité du balisage FAQPage.
Les erreurs qui coûtent une citation
Le contenu qui n'apparaît qu'après un clic. Un accordéon monté côté client, un onglet chargé à la demande, une section révélée au défilement par un script : tout cela est invisible pour une partie des robots.
La page sans date. Sur un sujet qui bouge, une page non datée part avec un handicap qu'aucune qualité éditoriale ne rattrape.
Le titre poétique. « Repenser l'expérience » ne correspond à aucune question posée par un humain.
La page qui parle d'elle-même. « Vous découvrirez dans cet article », « nous allons voir ensemble » : ces phrases occupent la place de la réponse et n'apportent rien.
Les mêmes quatre-vingts mots sur trente pages. Un moteur qui reconnaît un passage identique ailleurs ne le cite pas. C'est le point de rupture des pages de ville engendrées en série.
Ce que ça change pour votre production
Moins de pages, plus longues à écrire, avec de la matière propriétaire. Une agence qui produisait quatre articles génériques par mois en produira deux qui valent quelque chose, et le résultat sera meilleur sur les deux tableaux.
L'arbitrage se joue au moment du choix des sujets. Un sujet sur lequel vous n'avez rien de spécifique à dire est un sujet que le moteur traite déjà mieux que vous. Un sujet où vous avez un chiffre interne, une méthode éprouvée ou une position que peu de gens osent tenir est un sujet où vous serez cité.
Questions fréquentes
La règle des 80 mots vaut-elle aussi pour les pages de service ?
Oui, et c'est là qu'elle rapporte le plus. Une page d'offre commence presque toujours par une promesse marketing, alors qu'elle devrait commencer par ce que la prestation contient, pour qui, dans quelle fourchette de prix et en combien de temps. Le paragraphe de réponse directe s'écrit avant le reste et remplace le slogan d'ouverture.
Faut-il réécrire tout le site ?
Non. Commencez par les cinq à dix pages qui portent votre chiffre d'affaires et par les articles qui reçoivent déjà des impressions dans la Search Console. Réécrire une ouverture prend vingt minutes par page, et c'est la modification dont l'effet est le plus rapide à observer.
Une réponse directe nuit-elle au temps passé sur la page ?
Elle le réduit chez les visiteurs qui n'avaient rien à faire là, et l'augmente chez les autres. Sur des pages commerciales, ce qui compte est le taux de demande, pas la durée. Retenir un lecteur en lui cachant la réponse est une tactique qui ne survit pas à une page concurrente qui la donne.
Comment savoir si ça marche ?
Relevez, avant et après, une liste fixe de vingt questions posées aux moteurs génératifs, et suivez le taux de citation. La méthode tient en vingt minutes par mois et elle est décrite dans notre article sur le test de présence dans ChatGPT.
Pour aller plus loin
La forme du texte est une moitié du travail. L'autre est technique : une page mal servie, lente ou rendue côté client ne sera pas lue, quelle que soit son écriture. Les critères observés chez les sources réellement citées sont détaillés dans notre article sur Perplexity, et le balisage qui accompagne tout ça dans celui sur les données structurées. Si vous préférez confier l'ensemble, c'est le contenu de notre offre d'agence GEO.
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