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Marque beauté : passer du D2C au retail sans refondre son site
L'arrivée en distribution change trois choses sur votre site, et aucune n'exige une refonte. Ce qui doit apparaître, ce qui doit disparaître, et le conflit de prix qu'il faut trancher avant d'écrire une ligne.
Écrit par Thomas, avec ClaudeCofondateur de Levupp
Le passage en distribution change trois choses sur le site d'une marque : il faut indiquer où trouver les produits ailleurs que chez vous, il faut trancher la question du prix entre vos canaux, et le rôle du site se déplace de la vente vers la découverte et la préférence de marque. Aucune de ces trois évolutions n'exige une refonte. Elles demandent d'ajouter un localisateur de points de vente, de revoir les fiches produit et de reposer le parcours.
Ce qui change réellement
Le rôle du site
En vente directe, le site est le canal. Tout y converge, tout s'y mesure, et la conversion est l'indicateur unique.
En distribution, une partie des ventes se fait ailleurs. Le site devient le lieu où la marque se comprend, où l'on choisit son produit, et où l'on trouve où l'acheter. La conversion sur le site reste importante, elle cesse d'être le seul indicateur.
Ce déplacement est plus difficile à accepter qu'à mettre en œuvre. Il change la façon de lire les statistiques : une baisse du taux de conversion en ligne peut accompagner une hausse des ventes globales.
Le prix
C'est le point qui doit être tranché avant tout le reste, parce qu'il détermine la conception des fiches produit.
Le cas simple : même prix partout. Le site affiche son prix, le distributeur affiche le sien, ils coïncident. Aucun problème de conception.
Le cas fréquent : votre prix en ligne est inférieur, parce que vous n'avez pas de marge de distribution à laisser. Vos distributeurs le remarquent, et ils le prennent mal. Certains contrats de distribution encadrent explicitement cette question.
Ce qui se pratique. Aligner le prix public et différencier autrement : offres de fidélité, coffrets et formats exclusifs en ligne, échantillons, précommandes sur les nouveautés. Le client qui achète chez vous obtient quelque chose de plus, pas moins cher.
Attention, sur le plan juridique : un fournisseur ne peut pas imposer un prix de revente à ses distributeurs. Il peut communiquer un prix conseillé et fixer son propre prix. La nuance est réelle, et c'est un point à faire qualifier plutôt qu'à trancher au feeling.
Ce qu'il faut ajouter au site
Un localisateur de points de vente. C'est l'ajout principal. Il doit permettre de trouver le point de vente le plus proche, avec son adresse, ses horaires et un lien d'itinéraire. Sur un réseau restreint, une simple liste par ville suffit et coûte peu. Sur un réseau large, une carte avec recherche par localisation devient nécessaire.
Les liens vers les distributeurs en ligne sur les fiches produit. Cela paraît contre-intuitif, et c'est ce qui fonctionne : un client qui a un compte chez un distributeur y achètera de toute façon. Autant qu'il y aille depuis votre page produit, sur le bon produit.
Une page pour les professionnels. Conditions de revente, contact commercial, accès aux visuels et aux argumentaires. Elle sert le développement du réseau et évite que la demande passe par le formulaire client.
Un espace de ressources pour les distributeurs. Visuels haute définition, textes produits validés, fiches techniques, liste des allégations autorisées. Ce dernier point est important : les distributeurs réécrivent vos fiches, et une allégation non conforme reprise chez eux engage la marque. Le cadre est détaillé dans notre article sur les mentions réglementaires d'un site cosmétique.
Ce qu'il faut revoir
Les fiches produit. Elles étaient écrites pour vendre. Elles doivent maintenant aussi aider à choisir, y compris pour quelqu'un qui achètera ailleurs. Cela veut dire plus de contenu factuel : composition, texture, mode d'emploi, à qui le produit s'adresse, en quoi il diffère de son voisin dans votre gamme.
Le parcours d'achat. Le bouton d'achat reste, et il est accompagné d'un accès aux points de vente. La hiérarchie entre les deux se décide selon votre stratégie, et elle doit être explicite plutôt que subie.
La mesure. Vos indicateurs changent. Le trafic vers le localisateur, les clics vers les distributeurs, les recherches de produits par nom deviennent des signaux de performance retail. Le taux de conversion en ligne seul ne décrit plus l'activité.
Le référencement de marque. En distribution, vos concurrents sur vos propres requêtes deviennent vos distributeurs, qui ont souvent une autorité de domaine bien supérieure. Vous ne les battrez pas sur les requêtes génériques. Vous devez tenir les requêtes de marque et de produit, ce qui suppose des pages produit solides et un balisage correct.
Ce qu'il ne faut pas faire
Refondre le site pour ça. Les trois évolutions décrites sont des ajouts et des ajustements. Une refonte au moment d'un lancement en distribution ajoute un risque à un moment déjà chargé.
Retirer la vente en ligne. Elle reste votre canal de marge, votre source de données clients et votre laboratoire de lancement. Des marques l'ont fait par crainte de froisser leurs distributeurs, et l'ont regretté.
Cacher les points de vente. Le client qui ne trouve pas où acheter n'achète pas chez vous pour autant, il achète autre chose.
Laisser les distributeurs écrire vos textes. Ils le feront si vous ne fournissez rien, et ils écriront des allégations que vous n'auriez pas validées.
Le calendrier
Avant le lancement en distribution. Décision sur les prix, préparation de l'espace ressources, textes produits validés.
Au lancement. Localisateur en ligne, liens distributeurs sur les fiches, page professionnels.
Dans les trois mois. Révision des fiches produit vers plus de contenu factuel, et mise en place de la mesure des indicateurs retail.
À six mois. Bilan sur la répartition des canaux et arbitrage sur les exclusivités en ligne.
Questions fréquentes
Faut-il afficher le même prix que ses distributeurs ?
Vous fixez librement votre prix de vente directe, et vous ne pouvez pas imposer le leur, seulement le conseiller. La pratique la plus courante est d'aligner le prix public et de différencier par des offres exclusives en ligne. Un contrat de distribution peut contenir des clauses sur ce point : faites-le vérifier avant de décider.
Un localisateur de points de vente est-il utile avec dix points de vente ?
Une liste par ville suffit largement à ce stade, et elle coûte quelques heures. La carte interactive devient utile au-delà de quelques dizaines de points, où la recherche par proximité apporte quelque chose. Ne payez pas une carte pour dix adresses.
Le trafic organique baisse-t-il quand on arrive en distribution ?
Sur les requêtes génériques, vous perdez souvent du terrain face à des distributeurs à forte autorité. Sur les requêtes de marque et de produit, vous devez rester premier, et c'est là que se joue le travail. Une baisse sur le générique accompagnée d'une hausse sur la marque est le signe que le lancement fonctionne.
Faut-il un site séparé pour les professionnels ?
Rarement. Une section du site principal, avec un accès protégé pour les ressources, suffit dans la quasi-totalité des cas et évite de diviser l'autorité du domaine. Un site séparé se justifie quand l'offre professionnelle est un métier distinct avec son propre catalogue.
Pour aller plus loin
La question du prix et celle des ressources distributeurs sont les deux points qui prennent le plus de temps, et ce ne sont pas des sujets de site. Ce qui relève du site s'ajoute en quelques semaines. Nous accompagnons ces marques, c'est l'objet de notre page refonte de site pour marque beauté et santé.
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