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Conserver son SEO pendant une refonte : le plan de redirections

Une refonte perd du trafic pour une raison dans neuf cas sur dix : des adresses qui changent sans redirection, ou avec une redirection vers la mauvaise page. La méthode complète, de l'export initial au contrôle des trois semaines suivantes.

LevuppL'équipe

Un plan de redirections consiste à faire correspondre chaque adresse de l'ancien site à une adresse du nouveau, une par une, en redirection permanente. Il se construit à partir de trois sources croisées : le sitemap actuel, l'export des pages de la Search Console sur douze mois, et une exploration complète du site. Une adresse sans équivalent va vers sa rubrique parente, jamais vers la page d'accueil, et jamais en 404 si elle reçoit encore des visites ou des liens.

Pourquoi c'est le seul poste qui compte vraiment

Une refonte modifie le design, la structure, parfois la technologie. Aucun de ces changements ne détruit le référencement à lui seul. Ce qui le détruit, c'est la rupture du lien entre une adresse connue des moteurs et le contenu qu'elle servait.

Un moteur a mis des années à comprendre que telle adresse traite de tel sujet, et à lui accorder une valeur en fonction des liens qui pointent dessus. Une adresse qui disparaît sans redirection emporte tout ça. Une adresse qui redirige vers la page d'accueil est traitée comme une page introuvable déguisée, et n'en conserve rien non plus.

Les trois sources à croiser

Aucune n'est complète toute seule, et c'est la raison du croisement.

Le sitemap. Il donne ce que le site déclare comme existant. Il ne contient pas les pages orphelines, ni les anciennes adresses déjà redirigées, ni les images.

L'export des pages de la Search Console, sur douze mois. Il donne ce qui a réellement reçu des impressions ou des clics, y compris des pages que le sitemap ne déclare plus. C'est la source la plus précieuse, parce qu'elle est pondérée par la valeur réelle.

Une exploration complète du site. Un crawler parcourt le site comme un moteur et découvre les pages liées, y compris celles que personne n'avait recensées. Il donne aussi les redirections déjà en place, qu'il faudra reprendre.

Ajoutez, quand la source existe : la liste des adresses ayant reçu des liens externes, depuis un outil d'analyse de liens ou depuis le rapport des liens de la Search Console.

Ce qu'on oublie systématiquement

La liste ci-dessous vient des refontes que nous reprenons après coup. Elle est courte et elle explique la majorité des pertes.

  • Les images. Les adresses de la médiathèque sont indexées et reçoivent du trafic sur les recherches d'images. Elles changent presque toujours de chemin lors d'un changement de plateforme.
  • Les pages d'archive. Sur WordPress : catégories, étiquettes, auteurs, dates. Certaines reçoivent un trafic significatif et n'existent plus après une refonte.
  • La pagination. Les pages 2 et suivantes d'un blog ou d'un catalogue.
  • Les fichiers. PDF, plaquettes, documents téléchargeables. Ils reçoivent des liens externes.
  • Les anciennes redirections. Un site de dix ans porte des redirections issues de refontes précédentes. Elles doivent être reprises, en pointant directement vers la destination finale.
  • Les variantes avec et sans barre oblique finale, avec et sans www, en HTTP et en HTTPS. Une seule version doit être canonique, les autres redirigent.

Les règles de correspondance

Une redirection permanente, code 301. Elle transmet le référencement acquis. Une redirection temporaire, code 302, ne le fait pas et indique au moteur de garder l'ancienne adresse.

Une destination pertinente. Le nouveau contenu doit répondre à la même intention. Une page produit va vers le produit équivalent, pas vers la catégorie, sauf si le produit n'existe plus.

Jamais vers l'accueil par défaut. C'est le raccourci le plus tentant et le plus coûteux.

Pas de chaînes. Une adresse qui redirige vers une adresse qui redirige perd de la valeur à chaque saut et double le temps de réponse. Écrivez directement vers la destination finale, y compris pour les anciennes redirections reprises.

Une 404 assumée est parfois la bonne réponse. Une page sans équivalent, sans trafic et sans lien externe doit rendre une 404. Rediriger tout par principe crée un site où plus rien n'est introuvable, ce qui n'aide personne et gêne l'exploration.

Le déroulé, dans l'ordre

Trois semaines avant. Les trois exports. Construction du tableau de correspondance, ligne par ligne. C'est un travail manuel sur les pages qui comptent, et automatisable sur les pages qui suivent un motif régulier.

Deux semaines avant. Relecture du tableau par quelqu'un qui connaît le contenu. C'est là qu'on découvre qu'une page de service a été fusionnée avec une autre, ou qu'un article a été supprimé sans qu'on le sache.

Une semaine avant. Mesure de référence : positions, trafic, Signaux web essentiels. Sans cette mesure, vous ne saurez pas si la refonte a servi.

Le jour de la bascule. Activation des redirections avant ou en même temps que la mise en ligne, jamais après. Vérification immédiate d'un échantillon de vingt adresses, à la main.

Le lendemain. Exploration complète du site, en mode liste, sur le fichier de toutes les anciennes adresses. Toute réponse qui n'est ni 200 ni 301 est un problème à traiter le jour même.

Les trois semaines suivantes. Surveillance de la couverture dans la Search Console, correction des adresses signalées. Et surtout, aucune autre modification : une baisse est attendue, et modifier pendant qu'elle se produit rend toute analyse impossible.

Ce qui est normal, et ce qui ne l'est pas

Normal : une baisse de trafic organique de 10 à 30 % pendant deux à quatre semaines, le temps que les moteurs réexplorent et réévaluent. Une hausse des pages exclues dans la Search Console pendant la même période.

Pas normal : une baisse qui s'aggrave après quatre semaines, une chute brutale sur des pages précises, une disparition de l'indexation. Dans ces cas, cherchez une cause technique : un fichier robots.txt resté en mode blocage depuis la préproduction, une balise noindex oubliée, des canoniques qui pointent vers le site de développement.

Ces trois erreurs représentent l'essentiel des refontes réellement ratées, et elles se vérifient en trois minutes.

Questions fréquentes

Combien de temps garder les redirections ?

Indéfiniment. Elles ne coûtent rien et des liens externes vers les anciennes adresses continuent d'exister pendant des années. Les supprimer au bout d'un an, sous prétexte que le trafic est passé, revient à casser tous ces liens d'un coup.

Peut-on rediriger plusieurs anciennes pages vers une seule ?

Oui, c'est le cas normal d'une fusion de contenus. Assurez-vous que la page de destination traite bien tous les sujets des pages fusionnées, sinon la redirection sera perçue comme non pertinente et transmettra peu. Regrouper cinq pages faibles en une page complète est souvent un gain.

Faut-il refaire les redirections dans le fichier de configuration ou dans une extension ?

Au niveau du serveur ou du cadre applicatif plutôt que dans une extension : c'est plus rapide et cela ne dépend pas d'un module tiers qui peut être désactivé. Sur Shopify, l'import de redirections depuis l'admin est le mécanisme prévu et il convient. Sur Next.js, la configuration de redirections est le bon endroit.

Comment vérifier qu'aucune adresse n'a été oubliée ?

Passez le fichier complet des anciennes adresses dans un crawler en mode liste, après la bascule. Toute réponse autre que 200 ou 301 sort de la liste. Refaites l'opération une semaine plus tard : la Search Console aura signalé entre-temps des adresses que vous n'aviez pas recensées.

Pour aller plus loin

Ce plan est le même quelle que soit la plateforme de départ et d'arrivée. Les particularités de chaque cas sont traitées dans nos articles sur la refonte Shopify et sur la migration WordPress vers Next.js. Nous menons ces chantiers avec ce plan comme livrable de départ, c'est l'objet de notre page audit SEO technique.

Écrit par Levupp, l'équipeRéférencement · Créer un site web

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