Créer un site web6 min de lecture
Site de cabinet d'avocats : les obligations déontologiques à connaître
La publicité est permise depuis 2014, sous conditions. Ce qui reste interdit élimine deux des leviers les plus efficaces du web : les avis clients et la comparaison. Ce que le cadre autorise, ce qu'il exclut, et comment construire la réassurance autrement.
Écrit par Thomas, avec ClaudeCofondateur de Levupp
La publicité et la sollicitation personnalisée sont permises aux avocats depuis le décret du 28 octobre 2014, à condition de procurer une information sincère sur la nature des prestations proposées. Le Règlement Intérieur National encadre cette communication. Restent exclus : les mentions comparatives ou dénigrantes, les témoignages de clients, et toute mention laissant croire à une qualification non reconnue. Ces trois interdits ferment les avis clients et la comparaison, qui sont les leviers de réassurance les plus efficaces du web.
Ce que le cadre autorise
Il faut commencer par là, parce que beaucoup de cabinets s'interdisent plus que la règle ne l'exige.
Un site web complet, avec la présentation du cabinet, des avocats, des domaines de compétence, et une description précise des prestations.
Le référencement naturel et le référencement payant. Rien n'interdit d'apparaître dans les résultats de recherche, ni d'acheter des mots-clés, dans les limites générales de la communication.
Un blog et des publications. C'est même le levier principal d'un cabinet, et il est traité en détail dans notre article de 2022 sur l'intérêt d'un blog pour un cabinet d'avocat.
La sollicitation personnalisée, c'est-à-dire s'adresser à un destinataire identifié, ce qui était interdit avant 2014. Elle reste encadrée et exclut certaines situations, notamment le démarchage lié à un événement précis dont la personne serait victime.
Les honoraires, qui peuvent être indiqués, et dont l'information est même attendue.
Une prise de rendez-vous en ligne. Rien ne s'y oppose, et c'est ce qui convertit le mieux.
Ce que le cadre exclut
Trois interdits qui ont un effet direct sur la conception d'un site.
Les témoignages de clients
C'est l'interdit le plus structurant. Le cadre professionnel exclut les témoignages de clients, ce qui ferme d'un coup :
- les avis affichés sur le site,
- les études de cas nominatives,
- le balisage
ReviewetAggregateRating, qui décrirait un contenu que la page ne peut pas porter.
C'est une contrainte lourde, parce que la preuve sociale est le levier de conversion le plus puissant sur le web, tous secteurs confondus.
Les mentions comparatives ou dénigrantes
« Le meilleur cabinet de », « plus efficace que », toute formulation qui se positionne par rapport à d'autres confrères. Cela inclut les formulations implicites, du type « contrairement à d'autres cabinets ».
Les qualifications non reconnues
Les spécialisations sont un titre, obtenu selon une procédure définie. On ne peut pas se dire spécialiste d'une matière sans détenir le certificat correspondant. On peut en revanche décrire ses domaines d'intervention, ce qui est différent et parfaitement autorisé.
Ce qui doit figurer sur le site
Au-delà des mentions légales obligatoires pour tout site, un site d'avocat porte des mentions propres à la profession.
- Le barreau d'inscription.
- La structure d'exercice et sa forme juridique.
- L'assurance de responsabilité civile professionnelle et la garantie financière.
- Les modalités de détermination des honoraires.
- Les informations sur la médiation de la consommation.
- Les règles professionnelles applicables et l'autorité de contrôle.
Cette liste évolue et les usages diffèrent d'un barreau à l'autre. Faites vérifier vos mentions par votre ordre plutôt que de vous fier à un article, y compris celui-ci.
Comment construire la réassurance sans avis clients
C'est la vraie question de conception, et elle a des réponses.
La précision du contenu. Sur un site d'avocat, le contenu est la preuve. Une page qui donne le délai exact, l'article applicable et la procédure précise démontre la compétence mieux que n'importe quelle affirmation. C'est aussi ce qui rend le cabinet citable par les moteurs de réponse, comme le détaille notre article sur le GEO pour un cabinet d'avocats.
Les publications. Articles dans des revues professionnelles, interventions en conférence, contributions à des ouvrages. Ce sont des faits vérifiables et parfaitement autorisés.
Les fonctions ordinales et associatives. Membre du conseil de l'ordre, responsable d'une commission, enseignant.
Les décisions obtenues, quand elles sont publiques et correctement anonymisées. C'est un terrain à manier avec précaution, et le secret professionnel prime sur toute considération de communication.
La transparence sur les honoraires. Une page qui explique les modes de facturation et donne des ordres de grandeur inspire davantage confiance qu'une absence totale d'information. C'est l'un des sujets les plus recherchés par les justiciables, et l'un des moins traités par les cabinets.
Les personnes. Photographies professionnelles, parcours réel, année de prestation de serment, formations. Un cabinet dont on voit les visages et le parcours rassure plus qu'un cabinet anonyme.
Les erreurs les plus fréquentes
Un site qui ne dit pas ce que fait le cabinet. Une page d'accueil qui parle d'excellence et de proximité sans nommer un seul domaine d'intervention. C'est le défaut le plus répandu.
Aucune indication d'honoraires. Le justiciable cherche cette information en priorité. Ne rien dire ne le rassure pas, cela l'envoie ailleurs.
Un formulaire de contact qui appelle des informations sensibles. Un formulaire qui demande de décrire son affaire collecte des données couvertes par le secret, sur un canal qui n'est pas conçu pour ça. Limitez-vous à une prise de contact, et déplacez la discussion sur un canal adapté.
Des mentions absentes ou incomplètes. Elles sont obligatoires, elles sont vérifiables en trente secondes, et leur absence est le premier signal négatif pour un visiteur méfiant.
Un site qui n'est jamais mis à jour. En droit, une page qui décrit un état du droit dépassé est un problème de responsabilité autant que de référencement. Datez vos pages et tenez-les.
La protection des données, un point sensible
Un cabinet d'avocats traite des données particulièrement sensibles, et son site est un point d'entrée.
Trois précautions minimales : un formulaire qui ne collecte que le nécessaire pour rappeler la personne, une politique de confidentialité qui décrit réellement ce qui est collecté et pour combien de temps, et un hébergement dont vous connaissez la localisation. Sur ce dernier point, la région réelle du serveur se vérifie dans votre espace client, elle ne se déduit pas du nom de l'hébergeur.
Questions fréquentes
Un avocat peut-il faire de la publicité en ligne ?
Oui, depuis le décret du 28 octobre 2014, à condition que l'information soit sincère sur la nature des prestations. Le référencement payant, les campagnes sur les réseaux et l'emailing sont possibles dans ce cadre. Les limites portent sur le contenu du message, pas sur le canal.
Peut-on afficher des avis Google sur le site d'un cabinet ?
Les témoignages de clients sont exclus par le cadre professionnel, ce qui vise aussi leur reprise sur le site. La question de la fiche d'établissement elle-même, sur laquelle des tiers déposent des avis sans l'intervention du cabinet, appelle une réponse plus nuancée qui relève de votre ordre. En cas de doute, posez la question avant plutôt qu'après.
Faut-il faire valider son site par l'ordre ?
Les pratiques diffèrent d'un barreau à l'autre, certains demandant une communication préalable des supports. Renseignez-vous auprès du vôtre avant la mise en ligne : une correction demandée après coup coûte plus cher qu'une vérification en amont, et le conseil d'une agence web ne remplace pas un avis déontologique.
Peut-on nommer ses clients dans des références ?
Le secret professionnel s'y oppose dans la quasi-totalité des cas, y compris pour la simple mention du fait qu'une personne est cliente. Les entreprises font parfois exception avec un accord écrit, sur des dossiers publics, et cela reste à qualifier au cas par cas.
Pour aller plus loin
La contrainte déontologique n'empêche pas un site efficace, elle déplace l'effort du témoignage vers le contenu. C'est ce qui fait aussi la force d'un cabinet dans les moteurs de réponse, sujet traité dans notre article sur le GEO pour les cabinets d'avocats. Nous concevons ces sites, c'est l'objet de notre page refonte de site pour cabinet d'avocats.
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